Accueil → 2003/11/24, 22h03

GIRES, ou la gestion désintégrée des ressources

Il y a plus d'un mois, le communiqué commençait ainsi:

"Un projet dont les coûts ne cessaient d'augmenter et dont les résultats étaient incertains"

Been there, done that, comme disait l'autre.
Coût estimé initial :       80 millions $
Estimé ajusté (2000):      275 millions $
Estimé réajusté (2003):    400 millions $
Montant dépensé à ce jour: 170 millions $

Confronté à des dépenses déjà énormes, et à un projet qui semble s'embourber, les libéraux ont sans doute pris une bonne décision économique en laissant tomber.

Mais on peut se demander si une approche de développement plus itérative n'aurait pas pu mener à une conclusion différente. Admettons en effet que le 2 ou 3 années d'analyse perdues aient plutôt été consacrées à la production d'un système basé sur les approches agiles (SCRUM, FDD, XP), on aurait alors aujourd'hui un système certes incomplet, mais un système fonctionnel. Abandonner le tout aurait alors résulté non pas en une perte net de 170 millions de dollars, mais en gain d'un système utilisable maintenant et qui pourrait un jour être amélioré. Qui plus est, la décision d'abandonner n'aurait peut-être même pas été considérée puisque les nouveaux politiciens en place auraient touché du concret (un système fonctionnel) plutôt qu'un système inutilisable, probablement défini plus sur papier que sur disque dur.

Hypothèses invérifiables. Et naturellement, un projet de l'envergure de GIRES analysé et conçu à l'aide d'une méthodologie agile, ça n'a sûrement pas été encore fait. Ce n'est d'ailleurs pas recommandé par cette approche et l'erreur initiale a peut-être donc été justement de vouloir tout faire d'un coup, à si grande échelle.